Webdesigner en Suisse romande : comment bien la choisir ?

Par Amandine Santi10 min de lecture

Illustration : un ordinateur portable en visioconférence devant des montagnes et un lac, avec une pastille CHF

Vous avez une activité à Genève, à Lausanne, dans le canton de Vaud ou ailleurs en Suisse romande, et vous cherchez quelqu’un pour créer ou refaire votre site. Sur Google, vous tombez surtout sur des annuaires d’agences et des listes de profils. Difficile de savoir à qui faire confiance.

Je suis moi-même webdesigner, installée à Bonneville, en Haute-Savoie, à une trentaine de kilomètres de Genève. Ce guide rassemble les critères que je vous conseillerais d’appliquer à toutes les prestataires que vous rencontrerez, moi comprise.

L’essentiel en 30 secondes

  • Clarifiez d’abord votre besoin : objectif du site, type de site, langues, budget et délai.
  • Choisissez sur des preuves : des sites en ligne que vous pouvez visiter, une méthode claire, un devis détaillé.
  • Vérifiez les points suisses : devis en CHF, mentions légales (impressum), protection des données (nLPD).
  • Le nom de domaine doit être enregistré à votre nom, et vous devez savoir ce qui se passe après la mise en ligne.

Commencez par clarifier votre besoin

Avant de comparer des prestataires, prenez dix minutes pour noter vos réponses à ces questions. Elles rendront chaque devis plus précis, et donc plus facile à comparer.

  • Que doit faire votre site ? Présenter vos prestations, recevoir des demandes de devis, permettre de réserver, vendre en ligne ? Si vous hésitez, lisez mon article « Site vitrine ou boutique en ligne : lequel choisir pour son activité ? ».
  • Pour qui ? Une clientèle locale, romande, de toute la Suisse, ou aussi frontalière ?
  • Dans quelles langues ? Le français seul, ou aussi l’allemand ou l’anglais ? Chaque langue ajoute des pages à créer et à tenir à jour.
  • Avec quel budget et pour quand ? Une fourchette suffit, et une date qui compte pour vous (un lancement, une saison).
  • Qui fournit les contenus ? Textes, photos, logo : les avez-vous déjà, ou faut-il les créer ?

Les critères pour choisir votre webdesigner

Des réalisations que vous pouvez visiter

Des captures d’écran, c’est bien. Des sites en ligne, c’est mieux : ouvrez-les sur votre téléphone, cliquez, cherchez une information, remplissez un formulaire. Demandez aussi ce que la prestataire a fait exactement sur chaque projet : le design, la rédaction, la boutique, ou seulement une partie.

Une méthode claire, étape par étape

Une bonne prestataire sait vous dire comment le projet va se dérouler : premier échange, propositions, validations, mise en ligne, prise en main. Vous devez savoir à quel moment vous donnez votre avis, combien d’allers-retours sont prévus et ce qu’on attend de vous. Par exemple, voici ma méthode de travail, étape par étape.

Une vraie écoute de votre activité et de vos clientes

Votre site doit parler à vos clientes, pas seulement vous plaire. Au premier échange, observez si la prestataire pose des questions sur votre activité, vos clientes et vos objectifs, ou si elle parle surtout d’elle. En Suisse romande, elle doit aussi penser aux détails locaux : prix affichés en francs, numéros au format +41, adresses et zones d’intervention claires.

Une technique qui ne vous enferme pas

Demandez avec quel outil le site sera construit, et ce que cela implique si vous changez un jour de prestataire. Pour ma part, je travaille exclusivement avec WordPress, un logiciel libre très répandu : une autre professionnelle peut reprendre le travail si besoin. Et chez moi, le site et ses contenus vous appartiennent. D’autres outils ont leurs qualités. L’important est de connaître la réponse avant de signer.

Un suivi prévu après la mise en ligne

Un site n’est pas terminé le jour de sa mise en ligne : il faut l’héberger, le mettre à jour, le sécuriser et corriger ce qui doit l’être. Demandez qui s’en charge, ce que cela coûte chaque mois ou chaque année, et ce qui se passe si vous arrêtez. Chez moi, ce suivi mensuel comprend l’hébergement, la sécurité, les mises à jour et la correction des bugs. Il est obligatoire tant que le site est en ligne, puisqu’il inclut l’hébergement, et son tarif est indiqué dans le devis.

Des échanges simples et réguliers

Délai de réponse, moyens de contact, disponibilité pendant le projet : c’est souvent ce qui fait la différence entre un projet serein et un projet épuisant. Posez la question dès le départ.

Les points propres à la Suisse

Ces repères vous aident à poser les bonnes questions. Ils ne remplacent pas l’avis d’une ou d’un juriste, ni celui de votre fiduciaire.

Un devis en francs suisses

Si votre prestataire est installée hors de Suisse, demandez un devis établi directement en CHF : le montant ne bougera pas avec le taux de change. Vérifiez aussi les modalités de paiement (acompte, échéances) et si la TVA est comprise.

Autre point à connaître : lorsqu’une entreprise suisse achète certaines prestations de services à l’étranger, l’impôt sur les acquisitions peut s’appliquer. D’après l’Administration fédérale des contributions, un destinataire qui n’est pas inscrit au registre des assujettis à la TVA « sera redevable de l’impôt sur les acquisitions s’il acquiert pour plus de 10 000 francs par année civile de telles prestations ». Votre fiduciaire saura vous dire si vous êtes concernée.

Des mentions légales (impressum) complètes

Si vous vendez en ligne, la loi fédérale contre la concurrence déloyale (art. 3, al. 1, let. s LCD) impose notamment d’« indiquer de manière claire et complète son identité et son adresse de contact, y compris pour le courrier électronique ». Le portail PME de la Confédération le résume ainsi : l’impressum doit indiquer « le nom de son entreprise inscrit au registre du commerce, son adresse postale et son adresse de courriel ». Même pour un site vitrine, montrer clairement qui vous êtes reste une très bonne pratique.

La protection des données (nLPD)

La loi fédérale sur la protection des données, entièrement révisée, s’applique depuis le 1er septembre 2023. Dès que votre site collecte des données (un formulaire de contact, une prise de rendez-vous, une commande), vous devez informer vos visiteuses. L’article 19 de la loi prévoit de leur communiquer au moins l’identité et les coordonnées du responsable du traitement, la finalité du traitement et, le cas échéant, les destinataires des données. Concrètement, votre site a besoin d’une page de confidentialité claire, et votre prestataire doit savoir quels outils collectent quelles données.

L’hébergement de votre site

L’hébergement en Suisse n’est pas une obligation en soi. La loi permet de communiquer des données vers un pays dont le Conseil fédéral a reconnu le niveau de protection adéquat : c’est le cas de la France et des autres pays de l’Union européenne, inscrits à l’annexe 1 de l’ordonnance sur la protection des données. Héberger en Suisse reste un choix rassurant pour beaucoup d’entrepreneuses ; mon propre site est d’ailleurs hébergé chez Infomaniak, un hébergeur suisse. L’essentiel est de savoir où se trouvent vos données et de l’indiquer dans votre page de confidentialité.

Un nom de domaine à votre nom

Les domaines en .ch sont gérés par Switch, le registre officiel mandaté par la Confédération (OFCOM), et s’achètent auprès d’un registraire (un « registrar »). Veillez à en être la titulaire : c’est la titulaire qui est responsable du domaine et qui peut le transférer. Switch précise que le registraire « est en revanche tenu d’autoriser à tout moment au détenteur le transfert vers un autre registrar ». Un domaine enregistré au nom de votre prestataire, c’est un actif qui ne vous appartient pas.

Comparer les devis sans se tromper

Deux devis ne se comparent que s’ils décrivent la même chose. Voici ce qu’un devis sérieux doit préciser.

Ce que le devis doit préciserPourquoi c’est important
Les pages et les fonctionnalités (formulaire, réservation, boutique, langues)C’est ce qui fait varier le prix ; une fonctionnalité oubliée coûte plus cher ajoutée après coup.
Qui fournit les textes et les photosLa rédaction et les visuels représentent souvent une part importante du travail.
Le nombre d’allers-retours prévusVous savez combien de fois vous pouvez demander des modifications.
Les étapes et le délaiVous pouvez organiser votre lancement en conséquence.
Le prix total en CHF et les modalités de paiementPas de surprise liée au change ou aux échéances.
Les frais récurrents (domaine, hébergement, suivi, licences)Le coût d’un site se mesure sur plusieurs années, pas seulement à la création.
La propriété du site, du domaine et des accèsVous restez libre de changer de prestataire.
Une grille simple pour comparer des devis de création de site.

Une agence genevoise conseille d’ailleurs de comparer les offres sur trois ans, en additionnant la création et tous les frais mensuels et annuels : c’est une excellente habitude. Pour les ordres de grandeur, lisez « Combien coûte un site internet professionnel en 2026 ? ».

Les questions à poser au premier rendez-vous

  1. Pouvez-vous me montrer des sites en ligne proches de mon projet ?
  2. Comment se déroule le projet, et à quels moments dois-je valider ?
  3. Qu’est-ce qui est compris dans le prix, et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
  4. Pourrai-je modifier mes textes et mes photos moi-même ?
  5. Qui s’occupe de l’hébergement, des mises à jour et de la sécurité après la mise en ligne ?
  6. À qui appartiendront le site, le nom de domaine et les accès ?
  7. Comment le site respectera-t-il la nLPD, et que contiendra la page de confidentialité ?
  8. Que se passe-t-il si je veux arrêter le suivi ou changer de prestataire ?

Travailler à distance avec sa webdesigner, ça marche ?

Oui, à condition que les échanges soient bien organisés. La plupart des projets de site se mènent très bien en visio : on partage l’écran, on regarde les maquettes ensemble, on valide étape par étape. Ce qui compte, c’est la régularité des points et la réactivité.

De mon côté, tout se fait à distance, en visio, par téléphone ou par e-mail, que vous soyez en France ou en Suisse. Je réponds aux demandes dans la journée, et le devis peut être établi en euros ou en CHF. Comptez en général quatre semaines pour un site vitrine, davantage pour une boutique en ligne, avec une marge prévue dès le départ.

Vous avez un projet en Suisse romande ?

Je crée des sites WordPress sur mesure pour les entrepreneuses de Genève, de Lausanne, du canton de Vaud et de toute la Suisse romande, à partir de 1 500 €, avec un devis possible en CHF.

Vos questions

Faut-il forcément choisir une prestataire installée en Suisse ?

Non. L’important est que votre prestataire connaisse les règles qui s’appliquent à votre site (impressum, protection des données), qu’elle établisse un devis clair, en CHF si vous le souhaitez, et qu’elle reste disponible après la mise en ligne.

Mon site doit-il être hébergé en Suisse ?

Ce n’est pas une obligation en soi : la loi permet aussi l’hébergement dans un pays reconnu comme offrant une protection adéquate, comme la France. Héberger en Suisse reste un choix possible et rassurant. Dans tous les cas, indiquez-le dans votre page de confidentialité.

Faut-il un nom de domaine en .ch ou en .com ?

Un .ch indique tout de suite une activité suisse, ce qui rassure une clientèle locale. Un .com convient à une activité plus internationale. Dans les deux cas, enregistrez-le à votre nom.

Combien coûte un site internet en Suisse romande ?

Cela dépend du type de site, du nombre de pages et des fonctionnalités. Mes créations commencent à 1 500 €, avec un devis possible en CHF. Pour comprendre ce qui fait varier le prix, lisez mon article sur le prix d’un site internet professionnel.

Portrait d’Amandine Santi, webdesigner WordPress, de profil en hijab et casquette, téléphone à la main

Amandine, webdesigner WordPress

J’accompagne les entrepreneuses musulmanes, en France et en Suisse romande, avec des sites esthétiques, professionnels et stratégiques.

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